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08/03/2010

L' image, femmes et travail précaire ...

 

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Le travail des femmes au XIXe siècle

 
L’Assommoir de Zola,

celui du travail du linge confié depuis des temps immémoriaux aux femmes ;

un travail précaire (les femmes étant souvent employées à la journée),

répétitif, d’une durée excessive, sous-payé et de surcroît à risque :

le maniement du linge sale et mouillé était un vecteur de transmission

de la tuberculose, grand fléau du siècle. 

L’intérêt porté par les peintres à ces ouvrières contraste

avec le jugement négatif dont elles étaient l’objet :

on les accusait de porter ou de louer le linge qu’on leur confiait,

de s’adonner à la prostitution, de tomber dans l’alcoolisme.

Ce jugement, en partie fondé,

témoigne de la difficile existence de ces femmes.

Chez Degas, l’approche du sujet est différente.

L’humanisme de Daumier cède la place à un regard incisif, impitoyable.

Le caractère héroïque de La Blanchisseuse fait place

chez Degas à un comique un peu trivial où les gestes ont

une rare force expressive qui suggère l’impression d’instantané.

La repasseuse de gauche s’étire et bâille tenant d’une main

une bouteille de vin tandis que sa compagne, le dos voûté,

continue obstinément sa tâche.

Par comparaison, l’œuvre de Sérusier semble beaucoup

plus décorative avec ses plages de couleurs unies et simplifiées.

Le sujet n’est plus qu’un prétexte à l’application de principes esthétiques nouveaux,

ceux prônés par Gauguin, que Sérusier fréquente à cette époque en Bretagne. 

Force est de constater que le traitement varie d’une œuvre à l’autre.

Chez Daumier comme chez Delachaux,

il se dégage des personnages une impression de noblesse.

Mais La Lingère est une image sereine et idéalisée qui occulte totalement

la réalité sociale du sujet et où l’accumulation

des détails nuit à la force expressive de l’œuvre.

La Blanchisseuse suggère clairement la difficulté

de la tâche accomplie jour après jour.

La monumentalité du personnage accentue la courbe de son corps

qui semble ployer sous la charge.

L’absence de toute anecdote, le fond indistinct

et le contre-jour qui cache les traits des visages

aident le spectateur à se concentrer sur l’essentiel :

la figure humaine, ses gestes, son attitude.

L’image en devient quasiment allégorique ; à travers elle,

Daumier décrit la difficile existence

de toute la classe laborieuse sous le Second Empire

Si le thème du travail dans la peinture est courant en Hollande,

et ce depuis le XVIIe siècle, ce n’est pas le cas en France,

où l’on a longtemps jugé ce sujet indigne.

Boucher et Fragonard ont, certes,

peint des lavandières au XVIIIe siècle,

mais ce n’était là qu’un prétexte pour montrer

des scènes galantes et des paysages oniriques.

Millet est un des premiers, au milieu du XIXe siècle,

à décrire sans détour des scènes de labeur,

en l’occurrence celles de paysans ;

il ouvrait ainsi la voie à l’exploration d’un thème

dans lequel s’inscrivent ces quatre toiles conjuguées au féminin.

 

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