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27/01/2015

La gaieté

La gaieté est le quatrième roman de Justine Lévy en deux décennies. Dans le premier, Le rendez-vous, la demoiselle d’à peine vingt ans réveillait des souvenirs d’enfance en faisant le portrait de sa mère, le mannequin Isabelle Doutreluigne. Dont la mort d’un cancer il y a une dizaine d’années était au centre de son troisième livre,Mauvaise fille, porté à l’écran en 2012 par son compagnon Patrick Mille. Entre les deux, dans Rien de grave, la fille de BHL avait donné libre cours à sa colère contre son mari, Raphaël Enthoven, parti avec Carla Bruni (pas encore Sarkozy). Tout cela sous des dehors romanesques, l’auteure n’hésitant pas à jouer avec la réalité et rebaptisant sa narratrice Louise et ses parents Alice et Georges.

«Je vis très bien sans écrire, jusqu’au moment où j’en ai très envie, confie-t-elle pour expliquer les longs délais entre deux livres. Quand je commence à être jalouse (sentiment que je trouve affreux) de ceux qui publient, je me dis qu’il est temps que je m’y remette, mais cela vient lentement. Ecrire n’est pourtant pour moi ni un exutoire, ni une libération. Plutôt une manière de donner du sens, une cohérence aux choses. Et si je vais loin dans le récit des émotions, il y a des choses que je m’interdis de raconter.»

DansLa gaieté, Louise a un compagnon et deux enfants. Elle qui, très tôt, «avant de savoir lire, écrire et compter», savait que «c’est la gaieté qui allait tout changer», était pourtant triste. C’est sa rencontre avec Pablo qui l’a sortie de cet état. Et ce parti pris d’être gaie, encore balbutiant, s’est définitivement affermi à l’annonce de son premier enfant. Même si elle est encore, de temps en temps, victime de rechutes.

Ce roman, finalement, ne raconte rien d’autre que la vie d’une famille parisienne aujourd’hui. Une photographie dans laquelle chacun, placé dans une situation proche, pourra se reconnaître. Il est par exemple question du regard amoureux porté par Louise sur son conjoint. Ou de sa peur. Auparavant, elle craignait «pour maman» qui abusait de médicaments et de drogues. Aujourd’hui, ce n’est plus la fille mais la mère qui a peur «de tout». Et aussi du lendemain. Ses enfants à peine nés, elle s’est demandé avec angoisse comment elle fera «quand ils seront grands». S’y préparant, elle s’en «attriste déjà».

Au fil de ce récit discontinu, d’une écriture souvent rapide, faite de bouts de phrases accrochées les uns aux autres comme les wagons d’un train, la narratrice voyage entre le passé et le présent.

«Enfant, je n’ai jamais eu l’impression d’être à part», se souvient cette fille de parents célèbres divorcés. Qui raconte la douleur du manque d’une mère perdue trop tôt. Et l’amour d’un père qui, où qu’il soit (chez «les Afghans? les Ingouches? les Kosovars?»), accourt au moindre souci, veillant aujourd’hui avec la même tendresse sur ses petits-enfants. Qui, semble-t-il, le lui rendent bien.

Justine Lévy, «La gaieté», Stock, 215 pages, 18€.


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12:42 Écrit par loiseaupense dans LIVRES A LIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la gaieté |  Facebook

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