5555

Avertir le modérateur

16/07/2015

Alcool : la fragilité des hommes de 48 ans

 

Les hommes sont trois fois plus touchés par le mésusage de l’alcool que les femmes. Il s’agit souvent de personnalités particulières à la recherche de sensations fortes, et qui ressentent le besoin de combler l’ennui.L’alcool fait partie des artifices du lien social. Bien tenir l’alcool en société est un rituel accepté, et même un signe de virilité. Boire est souvent synonyme de convivialité et est moins tabou chez les hommes que chez les femmes. Par ailleurs, les hommes supportent mieux l’alcool que les femmes. Chez eux, les complications mettent plus de temps à s’installer et à se manifester. Les grands buveurs sont, en général, plus défavorisés que les femmes qui boivent, sur le plan social. L’alcool au masculin est souvent associé au chômage, à la précarité, au fait d’habiter chez ses parents à un âge avancé…

Les hommes consultent rarement de manière spontanée pour parler d’alcool. Lorsqu’ils le font, c’est à la suite de complications médicales ou professionnelles, ou après un épisode d’ivresse pathologique.

Des conséquences humaines et financières

Mais ce qui me heurte à chaque fois, c’est le manque de prise en charge et d’orientation adaptées. On laisse ces personnes «cuver leur vin» aux urgences. L’idéal serait que les addicts quels qu’ils soient, qui sont en situation de crise et qui demandent de l’aide, puissent être orientés en moins de 72 heures.

La dernière étude de l'Institut national de veille sanitaire (voir notre article) montre bien que ne pas se préoccuper de la question de l'alcool en France n'a pour conséquences que des complications et des coût accrus en terme humain et financier.

Déjà en 2010, les résultats se rapprochaient de ceux publiés récemment. Ils détaillaient les profils des patients, les hospitalisations et les complications chroniques, somatiques ou psychiques, ce qui implique forcément un coût. Cette dernière étude s'intéresse en particulier aux coûts qui, souhaitons-le, sera peut-être l'occasion de mobiliser les autorités sanitaires autour du problème des addictions en général et de la maladie alcoolique en particulier. Si les hommes et leurs maladies ont si peu d'importance, peut-être l'argent dépensé pour eux en a-t-il plus ?

Un comportement banalisé

Les résultats d'une enquête de l’OFDT (Office français de lutte contre les drogues et les toxicomanies) en 2010 sur les personnes reçues à l'hôpital, annonçait à peu près les même chiffres : Il s’agit d’un homme de 47 ans qui présente dans 47 % des cas une maladie chronique. 25 % des hospitalisés n’ont jamais été suivis pour leurs addictions. Un patient sur deux souffre d¹un trouble psychiatrique associé. Les rapports se suivent et se ressemblent. En moins de deux mois, deux rapports alarmants, nous mettent sous le nez des populations fragiles et victimes des dégâts de l'alcool. Cela n’empêche pas certains responsables politiques d’appeler à assouplir la loi Evin pour une promotion plus libre pour le vin. J'ai d’ailleurs constaté, à l’occasion de récents débats avec des responsables non issus du corps médical, que souvent le vin n’est pas considéré comme dangereux, alors que les alcools forts le sont. Ce qui les poussent à banaliser à la fois les comportements de régularité de consommation, mais aussi d’abus (c’est juste pour faire la fête de temps en temps) et ainsi de ne pas s’opposer à une législation plus souple. Il faut bien comprendre que cette maladie a non seulement un coût direct important mais aussi un coût indirect : famille, perte d’emploi, comportement des enfants… Nous sommes tous touchés de près ou de loin par la maladie alcoolique en France.

 

J'ai envie de dire que nous disposons d¹une somme de chiffres très alarmants et cela depuis des années. Arrêtons de mener des études si elles ne provoquent pas une politique sanitaire plus rigoureuse autour des addictions, si nous en restons à si peu de pédagogie, si les patients sont si peu pris en compte aux urgences et si mal orientés. 

 

Alcool : la fragilité des hommes de 48 ans

25 % des hospitalisés n'ont jamais été suivis pour leurs addictions. Un patient sur deux souffre d¹un trouble psychiatrique associé. Les rapports se ...

Google Plus Facebook Twitter

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu