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02/09/2015

« Infirmier, c’est un métier de femme »

L’association l’Autre Cercle Rhône-Alpes, qui lutte contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle dans le milieu professionnel, organisait une rencontre au Centre LGBTI de Lyon en début d’été pour débattre de l’homophobie que peuvent rencontrer certain-e-s professionnel-le-s de santé durant leur formation ou leur travail.

hopital-homophobie

L’Autre Cercle Rhône-Alpes a décidé de se pencher sur la question de l’homophobie vécue par les professionnel-le-s de santé il y a déjà plusieurs mois de cela, à la suite de la parution en janvier 2013 d’un article de la revue des jeunes médecins What’s up doc ?.

L’enquête, intitulée Sommes-nous homophobes ?, s’appuyait sur une dizaine de témoignages récoltés par les journalistes du magazine auprès de jeunes professionnel-le-s de santé. Laurent, l’un des auteurs de l’article, était l’un des invités de l’Autre Cercle Rhône-Alpes durant la rencontre qu’elle a organisée au Centre LGBTI de Lyon (mercredi 17 juin).

L’occasion pour lui d’expliquer que de nombreuses personnes parmi celles interrogées avaient été les témoins ou les victimes d’une sorte d’homophobie latente au sein du personnel soignant.

Beaucoup témoignent de réactions et de propos inappropriés à l’évocation de leur homosexualité ou de celle d’un collègue, mais peu affirment cependant avoir subi des agressions homophobes, certainement parce que les professionnel-le-s de santé gays ou lesbiens préfèrent rester discrets sur leur orientation sexuelle au travail. Autre récurrence dans leurs propos : l’assimilation souvent faite de façon systématique (cette fois-ci, plutôt à l’égard des patients) entre séropositivité et homosexualité.

L’image « virile et machiste » des soignants

Même son de cloche du côté de l’Autre Cercle Rhône-Alpes, dont fait partie Marc, un ancien infirmier qui exerce aujourd’hui des fonctions dirigeantes au sein d’un centre hospitalier. Au cours de la rencontre, il a présenté les résultats d’une enquête similaire qu’il a lui-même réalisée.

Là aussi, les témoignages récoltés se font le reflet d’une homophobie sous-jacente. Beaucoup de médecins, d’infirmièr-e-s et d’aides-soignant-e-s gays ou lesbiennes rapportent vivre des situations de malaise sur leur lieu de travail : des murmures dans leur dos, une exclusion systématique lors des sorties extra-professionnels, des silences gênés à leur arrivée en salle de pause.

Un témoin raconte également avoir été victime d’intimidations. Craignant pour sa sécurité, l’homme a préféré changer de poste. Les clichés aussi sont présents à l’hôpital : Marc se dit ainsi effaré d’avoir entendu une personne en formation lui déclarer qu’infirmier était « un métier de femme ».

Malgré ces témoignages inquiétants, Laurent estime que le personnel soignant dans son ensemble n’est pas foncièrement homophobe. Il explique que le corps médical s’est largement féminisé au cours de ces dix dernières années (même si les fonctions dirigeantes sont encore très majoritairement exercées par des hommes), ce qui a contribué à briser l’image virile et machiste de ce milieu professionnel.

Un infirmier, présent à la rencontre, précise lui aussi que, bien qu’il ait été victime de quelques railleries homophobes sur son lieu de travail, il a fini par bien s’intégrer parmi le personnel soignant. Plus surprenant : si, dans bien des cas, l’homosexualité est un frein à l’avancement professionnel des professionnel-le-s de santé gays ou lesbiennes, il arrive (quoique beaucoup plus rarement) qu’au contraire elle se révèle être un accélérateur de carrière.

C’est du moins ce qu’affirme une chirurgienne lesbienne interrogée par What’s up ?, qui estime que, connaissant son homosexualité, son recruteur a pu penser qu’elle serait moins encline à avoir des enfants. Ce qui apparaîtrait presque comme une vertu dans un milieu où les nuits de garde peuvent s’enchaîner.

 

 
Rue89Lyon
« Infirmier, c'est un métier de femme »
Les clichés aussi sont présents à l'hôpital : Marc se dit ainsi effaré d'avoir entendu une personne en formation lui déclarer qu'infirmier était « unmétier ...
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27/08/2015

D'où proviennent les hallucinations ?

Différents troubles mentaux ou sensoriels peuvent provoquer des hallucinations. Cela se joue au niveau des connexions nerveuses.

 

Il suffit parfois de glisser dans le sommeil ou de se réveiller pour qu'elles surviennent. Des voix, de vagues lueurs ou des scènes animées, une sensation de contacts sur la peau, voire un arrière-goût dans la bouche, des odeurs… les hallucinations peuvent toucher tous les sens. Lorsqu'elles ne résultent pas d'une prise de drogues ou d'alcool, leur origine peut être sensorielle et liée à des problèmes de surdité, de cécité, d'amputations… Mais elles sont souvent le signe de maladies mentales ou neurologiques plus ou moins graves.

Parmi ces dernières figurent entre autres la schizophrénie (50 à 80 % des schizophrènes ont des hallucinations auditives), le trouble bipolaire, la dépression et bon nombre d'affections neurologiques: tumeurs au cerveau, accidents vasculaires cérébraux, encéphalopathies, épilepsie, sclérose en plaques, maladies liées à une dégénérescence des neurones (Alzheimer, Parkinson, Huntington).

Grâce aux études menées ces dernières années, on pense que toutes ces maladies génèrent des hallucinations à cause de problèmes de connexion entre différents réseaux de neurones. Avec probablement à l'origine, des anomalies dans l'anatomie ou le développement du cerveau.

Une désynchronisation des réseaux de neurones

En induisant eux-mêmes des hallucinations (par des moyens chimiques ou une stimulation magnétique), les scientifiques ont en effet constaté qu'elles allaient de pair avec l'activation de régions du cerveau dites associatives, qui sont chargées d'intégrer les informations sensorielles. Plus étonnant: nul besoin d'activer le niveau inférieur - à savoir les aires sensorielles primaires qui reçoivent en direct les stimuli perçus par les yeux, les oreilles, la peau, etc.-, pour provoquer des perceptions fausses.

Autre découverte: les hallucinations coïncident avec un défaut de synchronisation dans l'activation de différents réseaux de neurones. Ainsi, dans le cas du langage, on s'aperçoit par exemple que l'aire de Broca, impliquée dans sa production, et l'aire de Wernicke, dédiée à sa perception, ne parviennent plus à travailler ensemble de manière simultanée. En y regardant de plus près, les chercheurs se sont alors aperçus qu'en cas d'hallucinations auditives les fibres nerveuses reliant ces deux régions étaient à la fois moins nombreuses et moins bien alignées qu'il ne l'aurait fallu. La conduction électrique du signal nerveux entre ces zones est donc défectueuse et les perceptions falsifiées.

Pour Arnaud Cachia et Renaud Jardri, deux chercheurs rattachés respectivement à l'université Paris Descartes et au centre hospitalo-universitaire de Lille, les défauts anatomiques de ces fibres peuvent être à l'origine d'une stimulation anarchique d'aires sensorielles et donner l'illusion de bruits ou de voix. Mais il reste à valider ce modèle pour les autres types d'hallucination. Avec en ligne de mire, l'objectif d'améliorer encore la prise en charge et de la rendre plus individualisée. Pour l'heure, la médecine est capable de soulager 70% des cas d'hallucinations.

 
Figaro Santé
D'où proviennent les hallucinations ?
... problèmes de surdité, de cécité, d'amputations… Mais elles sont souvent le signe de maladies mentales ou neurologiques plus ou moins graves.
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19/08/2015

MELANCOLIE CONTEMPORAINE et SOUFFRANCE AU TRAVAIL

 

La référence du livre ELFRIEDE H. La femme aux épingles suit cet extrait :

MELANCOLIE CONTEMPORAINE

Une mélancolie situationnelle

En passant d’un commentaire de la structure mélancolique pour le sujet psychotique, à celui des événements récents, passages à l’acte dans le milieu du travail, qui continuent de défrayer la chronique des médias, il n’y a nul forçage de notre part, sinon celui de s’enseigner du premier pour aborder le second. Lacan nous y incite lorsqu’il examine le passage à l’acte de la jeune patiente de Freud, cas dit de la jeune homosexuelle[i]. La tentative de suicide de cette jeune femme qui enjambe le parapet, confronté au regard furieux de son père, alors qu’il la croise dans la rue au bras de sa compagne, n’a rien du passage à l’acte d’un sujet mélancolique. Car ce laisser-tomber, ce niederkommen, « est essentiel à toute subite mise en rapport du sujet à ce qu’il est comme a »[ii]. Cette mise en rapport subite est bien la dynamique délétère que nous allons retrouver dans ce qui va suivre. Plus largement, la mélancolie est aussi l'index de notre époque comme le formule Gil Caroz : " Ce jogging permanent du sujet, de crise en crise, de contingence en contingence, le met en position de souris dans un labyrinthe, plutôt objet immergé dans le réel que sujet, dans une course folle entre choc électrique et récompense [...]. L'envers de ce mouvement d'accélération infinie est la fragilisation du lien social et la mise au rebut de tous ceux qui peinent à suivre ce rythme infernal. Ainsi, au delà des structures psychiques, cette duplicité du sujet, qui court et qui crève, fait écho au binaire clinique de la manie et de la mélancolie. La manie en tant que fuite en avant qui se paie en accélération du signifiant non lestée par l'objet. La mélancolie, chez les sujets qui, n'en pouvant plus de cette course, abandonnent tout et se mettent à incarner l'objet chu de l'Autre"[iii]

Le rapport France Télécom[iv]sera sur ce point notre référence. Car pour reprendre le binôme déflagration/combustion lente dont nous nous sommes servis dans la partie sur l'écrivain Raymond Roussel, ce qui s'est déroulé à grande échelle et en accéléré dans cet environnement, produisant une déflagration dans les médias, est aussi ce qui a lieu en sourdine en ce moment dans les groupes privés, tout comme dans les organismes publics, tel par exemple celui de la Santé. L'écart entre la déflagration de France Télécom et la combustion lente à laquelle nous assistons aujourd’hui dans les environnements de travail tient, justement, au rythme lent auquel on fait aujourd'hui digérer, macérer, au salarié sa situation de rebut en lui dissimulant qu'il a déjà perdu prise, c'est à dire qu'initiative et autonomie ont été expurgées des tâches qu'il doit exécuter. Les formules et les protocoles le lui confisquent en effet par avance, et l'adhésion qui est exigée de lui, sous toutes les formes, y compris les plus séduisantes, via par exemple la "culture d'entreprise", sont le masque d'une pente à la démission sur laquelle il s'engage et qu'il ne perçoit que lorsqu'il est poussé à incarner dans son corps, ce statut de déchet d'un calcul purement économique, ceci quand l'entreprise doit prendre des mesures, qui ont pour conséquence son exclusion, ou sa lente dégradation allant jusqu’à son déclassement réel, dans l'échelle des responsabilités, ce qui génère graduellement, progressivement, un sentiment d'exclusion......

[i]Freud S., « Sur la psychogenèse d’un cas d’homosexualité féminine », Névrose, psychose et perversion, op.cit.

[ii]Lacan J., Le séminaire, Livre X, L’angoisse, op.cit., p.130; voir aussi Miller JA, "Notice de fil en aiguille", Le sinthome, op cit, p211.

[iii] Caroz Gil, psychanalyste, membre de l'Association Mondiale de Psychanalyse et de la New Lacanian School, "Moments de crise", proposition de thème pour le congrès de la NLS en 2015", Mental N°32, Ce qui ne peut se dire-Ce qui s'écrit, Revue Internationale de Psychanalyse, EuroFédération de Psychanalyse, Paris, Octobre 2014.

[iv]Ce rapport est téléchargeable sur le site Souffrances Au Travail :http://www.souffrancesautravail.org/index.php…

En passant d’un commentaire de la structure...
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