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14/04/2016

Alzheimer: réapprendre le quotidien avec la méthode Montessori

Choisir ses vêtements, mettre la table, s'alimenter seul ou même commencer à jouer du piano quand on a la maladie d'Alzheimer, c'est possible : des maisons de retraite utilisent la méthode Montessori pour réapprendre les gestes du quotidien aux personnes âgées « désorientées ».

Cette méthode pédagogique, développée par la médecin italienne Maria Montessori au début du 20e siècle, cherche à favoriser autonomie et confiance en soi chez les enfants, en leur permettant d'évoluer à leur rythme et dans une grande liberté.

Si dans les années 90, le neuropsychologue américain Cameron Camp l'a adaptée aux personnes âgées atteints de troubles cognitifs (Alzheimer et autres démences), ce n'est pas pour les « infantiliser », mais pour leur donner « une raison de se lever le matin », explique Jérôme Erkes, directeur recherche et développement chez AG&D, organisme de formation spécialisé.

« Quel que soit son âge, on a besoin de liberté et d'avoir des buts dans la vie », rappelle-t-il.

 

M. Erkes, un psychologue qui a exercé pendant 11 ans en gériatrie au CHU de Montpellier, a formé pendant deux jours, début avril, une dizaine de salariés (animateur, infirmière, psychologue, aide-soignante, agent d'entretien, etc.) d'un établissement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines), appartenant au groupe Colisée.

À leur tour, ces salariés vont familiariser leurs collègues avec cette approche tandis que cadres et directeurs ont été formés en début d'année.

Souvent, « on se focalise sur la pathologie de la personne, et on oublie ses capacités », souligne M. Erkes. « C'est vrai pour les professionnels, les familles et les personnes elles-mêmes : combien de fois entend-on : "Je ne sers plus à rien". Résultat : on fait à peu près tout à leur place ».

Là, on cherche à redonner à la personne des buts et un rôle dans la communauté, en lui proposant tout au long de la journée des activités « porteuses de sens », adaptées à ses capacités et à ses goûts. Aucune n'est imposée, la notion de « choix » est centrale.

On lui montre les gestes puis on l'invite à les faire elle-même. Pour mieux capter son attention, on lui donne des choses à tenir et manipuler.

Mémoire « procédurale »

« On remet les gens dans l'action », résume le Dr Didier Armaingaud, directeur Ethique, Médical et Qualité chez Korian, qui utilise déjà la méthode dans une soixantaine de ses Ehpad et va poursuivre son déploiement.

Participer à la préparation du petit déjeuner, à la décoration, couper des fruits, plier des serviettes ... « À chaque fois que c'est possible, on demande au résident ce qu'il souhaite faire », explique M. Erkes. « On ne sait pas à l'avance si telle ou telle activité va marcher, il faut essayer ». Un indice déterminant : le « test du sourire »!

Le « projet personnalisé », document qui dans les Ehpad rassemble des informations essentielles sur les résidents, va aider à anticiper ce qui peut plaire à une personne. « Où a-t-elle grandi, quels étaient sa profession, ses passe-temps, etc.? ».

Jérôme Erkes cite l'exemple d'une dame résidant en Ehpad à Avignon qui avait toujours rêvé de jouer du piano. « En trois mois, elle a commencé à jouer elle-même. Une autre en Suisse a réappris à gérer son diabète toute seule ».

Car contrairement à une idée reçue sur Alzheimer, « il reste aux personnes des capacités d'apprentissage. Elles peuvent apprendre en pratiquant, via la mémoire "procédurale" », dit-il.

AG&D a formé une partie des équipes d'« environ 600 » maisons de retraite publiques, privées ou associatives en France, selon Véronique Durand, sa directrice générale.

Colisée se donne trois ans pour diffuser la méthode dans ses 58 Ehpad en France, indique Estelle Prot, directrice des ressources humaines. « Ce projet vise à développer l'autonomie de nos résidents, à leur redonner goût à la vie ».

Chez Korian, le Dr Armaingaud souligne les bénéfices observés : réduction des troubles du comportement, de l'usage de somnifères, meilleure qualité de vie pour les salariés comme pour les résidents.

 

Alzheimer: réapprendre le quotidien avec la méthode Montessori
Choisir ses vêtements, mettre la table, s'alimenter seul ou même commencer à jouer du piano quand on a la maladie d'Alzheimer, c'est possible : des ...
 
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Quand débute la maladie d'Alzheimer ?

Dans le cerveau, la maladie s'amorce 10 à 20 ans avant les symptômes:

un casse-tête pour les chercheurs.

 

Quand commence la maladie d'Alzheimer? Pour les malades, cela semble évident:

au moment où apparaissent les symptômes. Mais pour les chercheurs,

elle débute dix ou vingt ans plus tôt, lorsque commence la destruction des cellules cérébrales.

Avec en corollaire cette question cruciale: comment la détecter?

quand faut-il commencer à prendre des médicaments?

Aujourd'hui, les médecins attendent que les patients se plaignent,

généralement de troubles de la mémoire, pour poser le diagnostic et

éventuellement prescrire des traitements. Une stratégie qui présente des résultats modestes,

ne faisant que ralentir le déclin cognitif sans le stopper, sans pouvoir guérir la maladie.

Mais s'agissant d'une pathologie dégénérative, il semble plus logique d'envisager

d'agir en amont, avant que ne se produisent des lésions cérébrales irréversibles,

aussi les chercheurs visent-ils la phase préclinique (avant les symptômes).

«Aux États-Unis, des études ont déjà commencé avec des patients asymptomatiques

(sans symptômes, NDLR)», remarque le Pr Bruno Dubois, chef du service des maladies cognitives

et comportementales à La Pitié-Salpêtrière (Paris), «il faut être très prudent car nous avons pour

l'instant davantage de questions que de réponses.»

Une prise en charge bien plus précoce

Une prudence largement partagée. Le 23 juillet 2015, à la tête d'un groupe

de travail international (IWG) composé de trente-cinq experts, il définissait avec Maria Carrillo

responsable scientifique de la puissante American Alzheimer's Association,

cette fameuse période qui précède les premiers symptômes: la «maladie d'Alzheimer préclinique ».

Les conclusions viennent d'être publiées, le 29 mars 2016, dans la revue internationale

Alzheimer's & Dementia.

«Il y a une dizaine d'années, on définissait la maladie d'Alzheimer comme une maladie dans laquelle

il y avait des symptômes d'une certaine sévérité, explique au Figaro le Pr Dubois,

c'était la seule maladie pour laquelle on attendait un certain seuil de gravité

pour poser le diagnostic! Et cela a contribué à enraciner l'image du patient dément et

grabataire alors qu'aujourd'hui la prise en charge est bien plus précoce avec l'espoir

de ralentir la progression de la maladie.»

Désormais il est possible d'identifier, par des biomarqueurs (protéines bêta-amyloïde et tau)

et grâce à l'imagerie cérébrale (IRM fonctionnelle, Pet Scan), des signes de la maladie

alors qu'elle est encore «invisible » pour le patient.

Mais ces anomalies ne prédisent pas à 100 % que la maladie va se manifester

chez ceux qui les ont. Certaines, comme l'accumulation de protéines tau dans le lobe

temporal médian, pourraient même être liées au vieillissement normal.

L'IWG considère d'ailleurs qu'il faut une accumulation anormale des deux protéines,

bêta-amyloïde et tau, pour évoquer le diagnostic de maladie d'Alzheimer préclinique,

en l'absence de symptômes.

La frontière entre la santé et la maladie est de plus

en plus floue

L'IRM fonctionnelle et le Pet Scan ne sont pas davantage décisifs.

«En se basant sur des autopsies, on observe une proportion significative d'individus

qui n'ont jamais présenté de symptômes de la maladie de leur vivant alors qu'ils ont

pourtant des lésions cérébrales de maladie d'Alzheimer en quantité suffisante

pour satisfaire aux critères diagnostiques »,

rappellent les auteurs dans Alzheimer's & Dementia.

De quoi relativiser la découverte de résultats «inquiétants » en imagerie de pointe.

«C'est là le cœur du défi posé aux chercheurs, souligne le Pr Dubois,

car aujourd'hui on ne sait pas qui va évoluer vers une maladie naturellement et

qui n'aura jamais les symptômes.»

Des études sont en cours pour tenter de répondre à cette question majeure.

«Deuxième question: même si l'on parvient à cerner ceux qui vont évoluer vers

une maladie symptomatique, encore faudra-t-il savoir en combien de temps ils vont

le faire et surtout quand il faut leur donner un traitement », explique le neurologue.

Qu'il s'agisse d'imagerie médicale, de génétique ou de biomarqueurs, la frontière

entre la santé et la maladie est de plus en plus floue. Dans Le Normal et le Pathologique,

le médecin et philosophe français Georges Canguilhem traçait la limite à

l'apparition des symptômes: «C'est toujours la relation à l'individu malade,

par l'intermédiaire de la clinique, qui justifie la qualification de pathologique »,

écrivait-il en 1943. Ces successeurs n'en sont plus tout à fait sûrs.

 

 
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Quand débute la maladie d'Alzheimer?
Désormais, il est possible d'identifier des signes de la maladie d'Alzheimeralors qu'elle est encore «invisible» pour le patient.
 
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11:04 Écrit par loiseaupense dans ALZHEIMER | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

08/01/2016

LUSIGNY : UN CHIEN THÉRAPEUTIQUE À LA MAISON DE RETRAITE

 


LUSIGNY : UN CHIEN THÉRAPEUTIQUE À LA MAISON DE RETRAITE

C'est nouveau dans l'Aube : l'arrivée d'un chien dans un Ehpad, un établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes, à Lusigny-sur-Barse. 

Ialou, c'est son nom, est arrivé en novembre dernier, et il a déjà séduit tous les résidents. Une compagnie, mais aussi un allié pour l'équipe soignante.

C'est nouveau dans l'Aube : l'arrivée d'un chien dans un Ehpad, un établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes, à Lusigny-sur-Barse.…
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