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08/01/2016

Enquête consacrée aux assistants de service social

 

La Fondation Médéric Alzheimer publie les résultats de son enquête consacrée aux assistants de service social des établissements de santé et maladie d’Alzheimer

Après le succès des précédentes éditions, la Nuit du Grand Age et les Trophées du Grand Age et du Bien Vieillir se développent avec Silver Night

La Fondation Médéric Alzheimer a publié ce jours les résultats d’une enquête nationale consacrée aux assistants de service social des établissements de santé et maladie d’Alzheimer.

Cette enquête, menée en 2015 auprès des assistants de service social hospitalier, vise à mieux comprendre et mettre en valeur le rôle des assistants de service social dans les établissements de santé.

Aidants - Services à la personne - thérapie non-médicamenteuse

La Fondation Médéric Alzheimer constate, à la lecture des résultats de son enquête auprès des assistants de service social des établissements de santé et maladie d’Alzheimer que ces derniers sont confrontés à des difficultés et des questionnements particuliers posés par la maladie d’Alzheimer dans l’exercice de leur mission.

Cette enquête menée en partenariat avec la Fédération hospitalière de France (FHF), la Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne (FEHAP), la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP-SSR), et l’Association professionnelle des services sociaux hospitaliers et de la santé (Aprosshes), a permis de recueillir plus de 600 réponses.

Le rôle des assistants de service social hospitalier

L’assistant de service social hospitalier se situe au carrefour des décisions à prendre dans la perspective de la sortie d’hospitalisation de la personne. Il doit, dans un temps limité par les contraintes de la tarification hospitalière :

  • évaluer la situation sociale de la personne,
  •  estimer ses besoins et ceux de son entourage,
  •  et prendre les mesures nécessaires pour optimiser l’accompagnement à domicile ou d’envisager l’entrée en institution.

Il joue ainsi un rôle de médiateur pour rapprocher les points de vue de la personne malade, de la famille et de l’équipe soignante.

Quelques chiffres clés

  • Les assistants de service social hospitalier ont en moyenne 37 ans ;
  • 56 % des personnes prises en charge par les assistants de service social hospitalier répondants sont atteintes de troubles cognitifs.
  • 75 % des assistants de service social estiment que leur mission prioritaire auprès des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer est l’évaluation de la situation sociale de la personne et de son entourage ;
  • 86 % des assistants de service social déclarent avoir des contacts au moins hebdomadaires avec les services d’aide ou de soins à domicile, 72 % avec les établissements d’hébergement ;
  • 62 % des assistants de service social citent parmi les difficultés rencontrées avec les familles les ressources financières insuffisantes, 42 % les conflits familiaux ;
  • 42 % des assistants de service social déclarent rencontrer fréquemment des difficultés en lien avec les contraintes de la tarification sur la durée de séjour, 86 % des difficultés en lien avec le manque de places en structures d’hébergement ;
  • 69 % des assistants de service social déclarent avoir été confrontés à des cas de maltraitance et/ou de négligence à l’encontre des personnes atteintes de troubles cognitifs

 

La Fondation Médéric Alzheimer constate, à la lecture des résultats de son enquête auprès des…
SILVERECO.FR
 

L’interlocutrice

 

A propos du livre de Geneviève Peigné intitulé « L’interlocutrice »[1], j’écrivais récemment, sans m’en rendre compte immédiatement, « Magnifique présentation d’un ouvrage que l’on a hâte d’explorer pour y chercher dans sa nuit nos propres lanternes nietzschéennes accrochées à nos pertes lancinantes et perdues dans nos arrières-mondes… ».

Nos pertes lancinantes et perdues … Car, en effet, il s’agit bien de cela. A bien y réfléchir, ce qui semble d’abord en jeu, pour les personnes en univers Alzheimer, ce n’est pas tant la perte des capacités, la perte du lien aux proches encore là – même si elle est évidemment importante et met ces derniers en grande détresse –, que la perte de la perte. Ainsi, ce qui occupe généralement le devant de la scène, c’est la perte du lien aux personnes perdues.  C’est ce mari décédé il y a si longtemps et qui, à nouveau, rend visite, c’est cet enfant ailleurs depuis des années – mort ou au bout du monde – qui réapparait le soir dans la chambre.

Ce qui fait balise dans nos vies, ce sont avant tout nos pertes. Ainsi la mort de nos parents, par exemple, car comme le chante Brassens, on devient orphelin à n’importe quel âge et ce ne sont pas les plus jeunes qui sont forcément les plus en peine.

« L’orphelin d’âge canonique

                        Personne ne le plaint : bernique !

                        Et pour tout le monde il demeure

                        Orphelin de la onzième heure[2] »

L’orphelin, de tout âge, l’orphelin de tout amour, habite l’existence avec ses pertes pour amer. Quand cette balise des absences n’est plus en capacité de guider notre vie, alors nous sommes effectivement en partance et destinés à rejoindre nos arrières-mondes. Nietzsche n’est pas précipité autrement lorsqu’aux prémices de l’année 1889, il tombe au pied d’un cheval battu dans une rue de Turin… Il tombe « fou », dira-t-on… Il tombe surtout perdu au monde de ses pertes. N’oublions pas qu’il cherchait un homme… Un homme perdu. Lui, peut-être…

Dans une pièce de théâtre superbe d’intelligence mise en scène par Julie Bérès et intitulée « On n’est pas seul dans sa peau »[3], celle-ci explore les affres des vies perdues de ceux qu’on appelle, « malades Alzheimer », ce qui, convenons en une fois pour toute, ne veut pas dire grand-chose. Elle explore les mondes intérieurs aux multiples personnages qui font la vie d’un seul. Là encore, c’est d’abord dans les pertes perdues que le monologue dialoguant de l’actrice trouve sa force. Parce qu’il n’y a pas de guérison possible pour les plaies inguérissables. Et, Julie Bérès citant Henri Michaux nous rappelle que « je suis habité ; je parle à qui-je-fus et qui-je-fus me parlent. »

Ainsi, prenant conscience, un peu plus tard, de ce que j’ai écris à José, je me dis que décidément ce sont bien les mots qui nous parlent, et pas nous qui les parlons. Et les mots parlent encore longtemps après que la personne se soit enfuie loin aux replis de ses arrières-mondes, rejoindre ses vies, ses amours, ses peurs, après que la personne se soit finalement trouvée, à se perdre rejoindre ses pertes…

Alors, ouvrons l’œil…

 PS : merci de ne pas en parler au psychiatre !

 

 

Les pertes perdues
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La couleur des mots

 

Les vieux amants

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Bien sûr, nous eûmes des orages

Vingt ans d’amour, c’est l’amour fou

Mille fois tu pris ton bagage

Mille fois je pris mon envol

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Et chaque meuble se souvient

Dans cette chambre sans berceau

Des éclats des vieilles tempêtes

Plus rien ne ressemblait à rien

Tu avais perdu le goût de l’eau

Et moi celui de la conquête.

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[refrain]
Mais mon amour…

Mon doux, mon tendre

mon merveilleux amour,

De l’aube claire jusqu’à la fin du jour

Je t’aime encore tu sais, je t’aime.

 

Moi je sais tous tes sortilèges

Tu sais tous mes envoûtements

Tu m’as gardé de pièges en pièges

Je t’ai perdu de temps en temps

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Bien sûr tu pris quelques amants

Il fallait bien passer le temps

Il faut bien que le corps exulte

Finalement finalement

Il nous fallut bien du talent

Pour être vieux sans être adulte.

 

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[refrain]
Oh! Mon amour…

Mon doux mon tendre

mon merveilleux amour

De l’aube claire jusqu’à la fin du jour

Je t’aime encore, tu sais, je t’aime

 

Et plus le temps nous fait cortège

Et plus le temps nous fait tourment

Mais n’est-ce pas le pire piège

Que vivre en paix pour des amants

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Bien sûr tu pleures un peu moins tôt

Je me déchire un peu plus tard

Nous protégeons moins mystère

On laisse-moi faire le hasard

On se méfie du fil de l’eau

Mais c’est toujours la tendre guerre.

 

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[refrain]
Oh! Mon amour…

Mon doux mon tendre

mon merveilleux amour

De l’aube claire jusqu’à la fin du jour

Je t’aime encore tu sais, je t’aime.


Jacques Brel

 

 

 

 

 

Bien sûr, nous eûmes des orages Vingt ans d'amour, c'est l'amour fou Mille fois tu pris ton bagage Mille fois je pris mon envol Et chaque meuble se souvient Dans cette chambre sans berceau Des éclats des vieilles tempêtes Plus rien ne ressemblait à rien Tu avais perdu le goût de l'eau Et moi celui d…
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