En cessation de paiement, le Service provençal

d’encouragement

et de soutien (SPES) risque de fermer ses portes d’ici

la fin de l’année. Un coup dur pour cette association

employant une quarantaine de personnes mais aussi

pour la réinsertion des anciens détenus

pris en charge par cette structure.

 

 

 

Près de 5.000 anciens détenus ont été pris en charge et

accompagnés par le

Service Provençal d'Encouragement et de Soutien,

après leur sortie de prison.

Face caméra, le discours de Sébastien est empreint d’émotion et

d’inquiétude.

"Si l’association ferme, ce sera catastrophique", témoigne,

le regard fatigué,

cet ancien détenu. Droit de réserve oblige,

l’association en question qui l'a interrogée,

le Service provençal d’encouragement et de soutien 

(SPES), ne précise pas

les motifs de l’incarcération du quadragénaire, mais rappelle

tout le chemin parcouru

depuis son retour à la liberté.

"Il était à la rue. On a dû repartir de zéro en gérant

son accès au logement

ou encore au RSA", souffle Christine Chambon,

directrice du SPES.

La structure prend chaque année en charge

des milliers d'anciens détenus

pour faciliter leur réinsertion.

Problème: le SPES qui dépend uniquement

de financement de l’Etat a été placé

en cessation de paiement

en juillet dernier et risque de disparaître

en décembre prochain.

Des risques de récidive

 

 

 

 

Une offre de reprise par une autre association a bel

et bien été présentée

à l’administrateur judiciaire en charge du dossier.

"A minima, regrette

Christine Chambon. Elle prévoit une prise

en charge de 15.560 euros

pour une personne pendant un an. Notre prise en charge

coûte 20.000 euros mais nous nous occupons des soins,

du logement et de l’accompagnement social", précise-t-elle.

20.000 euros, une somme qui équivaut à la prise en charge

d’une personne

en prison, rappelle Christine Chambon.

Mais l’action du SPES permet,

selon elle, d’éviter la récidive. "C’est difficile à chiffrer,

mais nous avons obtenu de très bons résultats sur des personnes

en très grande difficulté. On ne peut pas faire l’économie de cela",

plaide-t-elle.

Une association multicartes

Outre la réinsertion des détenus, le SPES mène,

sous mandat du parquet,

des enquêtes sociales sur leurs conditions de vie

avant les comparutions immédiates.

L'association conseille aussi les familles pendant

la période de détention.

Un accompagnement auprès de très jeunes femmes

en rupture familiale,

ayant connu la violence ou la prostitution,

est également mené par l'association.